« The best man for the job is a no longer a woman « ..

Mains-ouvertes-AMC-webC.L.B,  les initiales d’une ex-collègue disparue récemment. Dire que j’ai eu de la considération pour elle serait mentir éhontément. Nous nous sommes cordialement détestés pendant des années…. A priori, je n’avais pas de raisons particulières de la maintenir à distance, mais voyez : stagiaire-école  en 1978, je suis affecté à la publicité du BHV au service de Michel B. lequel deviendra ensuite mon « patron » pendant de longues années. J’ai eu l’occasion de lui consacrer un post il y a quelques mois.

Au jeu de la « patate chaude », Michel B. fit merveille en m’affectant au début de mon stage auprès de cette dame imposante, mère de sa filleule et amie intime, amitié exprimée à toute occasion par un tutoiement appuyé vers l’intéressé en signe de possesion .

Me concernant, elle se dispensa de sa responsabilité de maître de stage en me confiant à son adjointe, laquelle me confia de « lourdes responsabilités » : la livraison des journaux à la Direction et la gestion administrative des cadeaux offerts par le BHV au cours d’un jeu animé par Harold KAY et Pierre Bellemare sur Europe 1 ‘ :  20 millions cash’.

 Inutile de préciser que pendant quelques mois, je n’appris pas grand’chose (en fait, bien que stagiaire, je savais déjà faire le café……) mais consciencieux et appliqué, je découvris que la sélection des cadeaux que j’opérais dans les rayons n’était pas neutre… Un service à fraises en faience de GIEN gagné à 12h30 sur Europe 1 faisait des ventes par ricochet l’après midi même,  au 3° étage du magasin Rivoli. Sans parler des perceuses Black & Decker qui devinrent  ‘les célèbres perceuses du BHV », slogan repris en choeur par l’auditoire du studio à chaque fois qu’une perceuse était gagnée.

De « stagiaire emmerdeur du service de la pub », mon statut changea assez vite auprès des opérationnels des rayons éligibles au budget cadeaux offerts par le BHV. Loupe-amcJe conserve un bon souvenir de cette période de liberté où sillonnant le magasin à la recherche de nouvelles idées, je finis par mieux connaître la structure de l’entreprise, et surtout mieux que certains cadres présents depuis plus de 10 ans.

J’imagine que c’est pour cette raison qu’il me fut proposé de rejoindre  le service comme acteur à temps complet ( ce qui signifiait pour les RH BHV : plus besoin de le faire passer par la case intégration).

Stephen C. chargé de la pub et de la promo des magasins, homme du sud bienveillant et très observateur , ancien champion du monde de ping-pong corporatiste, me voulu dans son service pour lui succéder. Mais Dame C.L.B (elle voulait qu’on l’appelle Claude, mais en fait son prénom était Claudine) n’étant pas d’accord (j’avais crée un besoin) obtient que pour un temps, je me partage entre les deux services…(Merci … pour le jugement façon  Roi Salomon)

image-6-molette-parmeAu départ de Stéphen C. en retraite, il n’ était plus question de partage et la dame me nourrit dès lors une rancoeur féroce, conséquence de mon désinvestissement en flatteries et autres courbettes destinées à arroser à son orgueil démesuré.

Tout tournait autour de sa difficulté à être acceptée comme femme (ce qu’elle était), compétente (ce qui n’était peut être pas le cas), et importante (restait à le prouver) .

a) se faire accepter comme femme : n’ayant pas le physique pour çà, elle se faisait empathique pour dominer son interlocuteur … C’est ainsi qu’un jour elle me lâcha énervée : ‘d’abord, je ne sais rien de vous ! » et moi de lui répondre,: « Avec ce que vous balancez sur votre meilleur ami Michel B. (mon patron), vous devriez comprendre le pourquoi de la protection de ma vie privée !  »

b) compétente : ( ?) . Quelques observations: Sur son bureau un chevalet dont elle était très fière et qui disait : » Le best man for that job is a woman ». Ensuite, quand il s’est agit d’informatiser le budget pub de l’entreprise elle a demandé non pas un stage de formation à la micro, mais seulement  une machine sur laquelle il suffisait d’appuyer sur un bouton pour avoir le résultat (sans avoir à alimenter l’ordinateur en saisies….).

c) importante : il m’avait été demandé de lui confier l’impression des affiches pour les magasins dont je m’occupais. Un jour je vois arriver des factures avec mon nom raccourci à sa moitié arrière. Intrigué, et constatant un aspect répétitif dans l’erreur, je lui demandais la fois suivante à quoi rimait cette simplification de mon nom. Elle me répondit qu’elle savait mieux que moi comment il devait s’écrire …… Je la priais d’arrêter cette plaisanterie par deux fois, mais sans succès. La troisième fois, je pris les factures, les lui rapportais et lui dit en les déchirant et les jetant à ses pieds : « Je paierai vos factures quand vous saurez écrire mon nom correctement ». C’est finalement mon patron, son ami et parrain de sa fille Michel B. qui à quatre pattes scotcha les factures et me les remit en me priant de les honorer. A partir de ce jour, il n’y eu plus de provocation sur mon intégrité…Il faut préciser que le mot racisme n’avait pas l’importance qui lui est attribuée aujourd’hui.

Même après toutes  ces années, inutile de vous dire que je me sens  toujours aussi loin de ces comportements………….

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