Quand même les abeilles pleurent…….Hommage à Marie Françoise L.

MinnieSa passion pour l’apiculture lui aurait fait mérité le surnom de « Maya », en réalité ceux qui l’on côtoyée professionnellement savent qu’elle préférait se faire appeler……. Minnie ou M.F.L.

Toute jeune, elle avait commencé sa carrière au BHV en lavant des voitures dans la station-service de ce grand magasin. Puis, elle était devenue assistante à la Publicité, gestionnaire émérite des sorties de marchandises,  puis chef de fabrication pour les affiches et la PLV ….. en un mot,  un pilier du service.                             En charge de toutes les sorties marchandises à destination des studios photos, jeux concours ou échanges marchandises avec certains média, elle connaissait tout le monde et surtout toutes les arcanes du magasin de Rivoli .

Accepté exceptionnellement comme stagiaire au sein de la Pub, (et évacué comme un paquet encombrant par la hiérarchie de cette direction parce que j’étais recommandé par le Pdg G.BOULOT),LOgo-BHV-1988 c’est dans son bureau que je fus affecté.

Si certaines tâches qu’elle me confia ne relevaient pas de l’expertise marketing (j’ai découpé des pubs dans la presse et porté des quotidiens à la DG pendant 4 mois), pourtant c’est grâce à elle qu’il me fut proposé d’intégrer l’entreprise au bout de 4 mois.  Elle s’est vraiment occupée de moi m’emmenant partout et me présentant à tout le monde et plus particulièrement le midi dans le restaurant d’entreprise zone ‘cadres’ un endroit de rencontres exceptionnel pour se faire connaître et reconnaître ( 5 000 personnes travaillaient pour le groupe dans les années 80).  Au bout de 3 mois, j’ai connu l’entreprise mieux que certaines personnes présentes depuis plus de 20 ans. C’est aussi à partir de cette époque qu’ elle s’est mise à m’appeler affectueusement ‘Mon Loulou’.

M.F.L, c’était de l’énergie à l’état brut. Sa journée BHV terminée, son autre vie démarrait au théâtre Marigny. Actrice ?  Non Marie Françoise revêtait sa tenue d’ouvreuse et plaçait les spectateurs. Grâce à elle, j’ai pu voir un certain nombre de pièces remarquables et notamment KEAN de Dumas, avec J.P BELMONDO  lequel ….. escaladait les rideaux pendant le spectacle. (211 représentations). Mais Madame 100 000 Volts excellait aussi dans d’autres activités : bien que très attachée à sa famille, elle avait trouvé le temps de passer son brevet de pilote d’avion (plus jeune, elle avait épousé un pilote US)  et même appris et pratiquait le golf avec l’US BHV……

Dans les années 90,  quand je développais l’édition lourde du BHV avec des  volumes de sorties de marchandises incroyables et dans des délais impossibles, Marie Françoise m’a fourni son organisation, sa méthode et son assistance infaillible.  C’est dans ces moments difficiles (dans l’industrie de l’édition lourde hélio, un créneau machine ne se décale pas quand la presse magazine est programmée) que son talent pour assurer la logistique des articles à photographier relevait du talent. Et elle le maîtrisait avec un grand Art.

Marie Françoise a quitté son appartement de la rue du Plâtre (à 100 m du BHV) pour passer sa retraite dans sa maison familiale de Moret sur Loing. Ce qui ne l’empêchait pas de fréquenter assidûment la ligne SNCF qui la reliait à Paris où elle s’occupait de ses chères abeilles dans le parc G. BRASSENS dans le 15° arrondissement.

Au revoir Marie Françoise !  Merci avec un grand M pour tout ce que vous avez donné aux autres.  Sous des aspects parfois « rugueux » ou déroutants,  j’ai toujours vu  chez vous une grande générosité de coeur… même pour vos abeilles… aujourd’hui orphelines.

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