Gestion & Administration des Cabinets dentaires : Pub or not Pub ?

Voici ce qui s’affiche sur la page Linkedin de ce centre dentaire :  » Santé, forme et bien-être, Le meilleur de la santé pour tous. » Une assise éloignée du dentaire et classifiée par Linkedin, mais qui cohabite sûrement avec d’autres activités pas spécialement ‘médicales » : des centres de remise en forme, d’amincissement, des instituts de beauté, des centres de thalassothérapie, des herboristes, des coachs de vie, des livres de cuisine, des ‘masseuses’…. ou tout autre professionnel en mal de justification sur ce créneau du ‘faire du bien’. Sauf qu’ici, il s’agit bel et bien d’actes médicaux …..

  1. Jusqu’à nouvel ordre, l’ordonnance (n° 2018-17 du 12 /01 2018) applicable le 1er avril 2018 interdit toute forme de publicité aux centres de santé. …….. Le post récent de ce centre dentaire sur le réseau Linkedin est plus que « borderline »…. Et il serait illusoire d’essayer de faire croire que ce type de structure n’a pas de but mercantile, qu’il ne fait ici que de l’information à son réseau de followers …., ces centres ne sont pas des dispensaires, mais des modèles économiques capitalistiques…..
  2. Nous sommes loin des grands idéaux sanitaires concrétisés par un Henri Dunant (Croix rouge) ou d’un Bernard Kouchner( MSF). Les brillants créateurs de ce concept du centre dentaire ont été formés dans nos meilleures écoles de commerce. S’il faut bien que la gestion soit équilibrée, (comme pour toute entreprise privée), il faut bien pour leurs investisseurs qu’à la sortie, le capital investi se rémunère avec un R.O. I ( Return On Investment) , y compris pour financer l’expansion de l’enseigne.
  3. Avec le récent « rabotage » imposé à tout praticien du prix de revente des prothèses par l’accord mis en place début avril 2019 entre la profession et l’Assurance maladie, difficile de croire que la seule revalorisation des soins de base couvrira une perte de marge sur des prothèses désormais facturables moins chères.
  4. Tout bon entrepreneur cherchera à s’attirer une cible plus aisée (par exemple : des cadres actifs plutôt CSP+ et inscrits sur des réseaux sociaux….), et à réduire ses coûts d’exploitation en contrôlant des réseaux de fournisseurs qui lui apporteront la rentabilité capitalistique, chose que la loi interdit à ces structures de type associatives.   Il y a quelques décennies, les Hypermarchés ont tué le petit commerce de proximité (de centre ville) avec un seul argument : le prix.
  5. Le cadre du soin dentaire de qualité pourrait peut être échapper à cette logique. Nos anciens ne disaient-ils pas : ‘il faut être riche pour acheter bon marché ?’ Aujourd’hui, le consommateur recherche de la proximité, de la qualité, du service, la baisse du CA des Hypers au profit des moyennes surfaces urbaines en témoigne, la montée d’autres valeurs comme le bio également.                                                                                     
  6. L‘avenir dira si le patient moderne accepte de faire entretenir sa bouche comme sa voiture, c’est à dire dans n’importe quel Centre, et ce dans une grande banalité… ou s’il préfère développer une relation de confiance, continue et pérenne avec un même praticien qui le connaîtra, et le reconnaîtra. Chez les libéraux, il y encore beaucoup de praticiens qui par passion pour ce métier,  privilégient le médical au rentable.

 

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