Gestion & Administration des Cabinets dentaires : Nouvelle mobilisation de la profession.

Le Journal officiel N° 77 du 31 mars 2017 vient de publier un arrêté entérinant les décisions  du règlement arbitral annoncé.  Le règlement arbitral c’est ce qui a été mis en place suite à l’échec des négociations conventionnelles entre les syndicats  de dentistes libéraux et la Caisse d’Assurance Maladie. Il s’agit d’une décision instruite et décidée par un haut fonctionnaire de la Cour des Comptes.

Une manifestation nationale et la fermeture des cabinets dentaires pour cause de grève ont eu lieu le 3 mars 2017 pour tenter d’obtenir une décision favorable. Peine perdue, d’autant que la période des élections présidentielle est peu propice à attirer l’intérêt des media et des français sur la défense de la profession et la qualité de leurs soins dentaires. 

Les  décisions imposées par le règlement arbitral s’avèrent non favorables à l’équilibre financier des cabinets dentaires libéraux. Elles amènent les syndicats à se remobiliser contre le plafonnement de certains actes, lesquels verront leur facturation réduite progressivement à compter du 1° janvier 2018. L’un des syndicats de la profession l’UNION DENTAIRE, dès la parution du JO a annoncé qu’il allait introduire une requête devant le Conseil d’Etat pour demander l’annulation du texte de cet arrêté.

 Que penser de ce texte ? , globalement,  il :

a) établit un tarif qui dévalue progressivement le prix des couronnes céramo-métal  facturables par les dentistes conventionnés jusqu’en 2021 ; il est connu que ce poste est celui qui vient dans les cabinets généralistes équilibrer et assurer la rentabilité annuelle, les soins conservateurs générant de la perte, et ce à cause de la tarification insuffisante des actes imposée par la CPAM. 

b) distingue 2 niveaux de tarifs ; 1 plus élevé pour les  départements 75,91,92,78 Martinique, Guadeloupe, et un autre niveau à tarifs plus faibles pour le reste de la France…,

c)  ne concerne que les chirurgiens dentistes libéraux, à l’exception des Centres dentaires, récemment apparus sur le marché.  

Conséquences : on pourrait envisager différents scénarii, suite à cet arrêté, par exemple : 

  • que de plus en plus de praticiens proches de la soixantaine ferment leur cabinet plus tôt que prévu, générant une possible désertification du médical dentaire en régions, faute de repreneurs ‘motivés’, 
  • que les cabinets qui ferment soient repris par des chirurgiens dentistes « européens » dont la qualification dans leur pays d’origine est différente de l’enseignement de l’odontologie en France,
  • que massivement de nombreux praticiens décident de se déconventionner pour pratiquer des tarifs libres non remboursés par la sécurité sociale,
  • que des métiers qui existent aujourd’hui en cabinet libéral disparaissent où ne soient plus générateurs d’emplois en CDI, ou à temps complet : assistante dentaire, réceptionniste, secrétaire-comptable, manager de cabinet, agent d’entretien … des métiers qui  devront peut être être externalisés pour s’adapter à de nouvelles contraintes de flexibilité imposés par les ratios d’exploitation d’un cabinet libéral,
  • que les labos de prothèses français pour maintenir leur marge et celle des dentistes, (leurs donneurs d’ordres)  recourent à la délocalisation de leurs ateliers de fabrication et/ou à l’importation de prothèses moins chères et de moindre qualité….                                                                                             Bref, que cet exercice libéral qui nécessite de la passion, de longues années d’études, de gros investissements, et d’être au service des autres, puisse devenir un jour une parenthèse de l’histoire…..
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