Années Bazar : Retour sur « l’Avenir »…… (2)

Mains-ouvertes-AMC-webAu sein de la pub, puis en charge de la communication des magasins, de la communication imprimée et enfin du marketing opérationnel des produits non ‘mode’ du (BHV), j’ai été amené à travailler avec des gens très….. différents.

Face à cette diversité de comportements, profils, sens de l’obéissance ,….. j’ai pu observer l’entreprise (BHV) entre 1980 et 2000 avec une vision lucide et objective. Nous l’avons déjà mentionné, diviser pour mieux régner telle semblait être la règle du management princier. Chaque département commercial  se sentait le rival avec  du Baron d’à côté. Directeurs d’unités, Acheteurs-Chef de rayon, chacun gérait ses privilèges, son territoire et menait sa politique commerciale sans se soucier des autres….. La concurrence spécialisée faisait sourire… ( le seul département a vraiment prendre la concurrence au sérieux fut le département des Arts Ménagers en croisant le fer avec Darty)

Pour résumer,  observons que les rapports humains entre collègues traduisaient l’expression surannée d’une structure « verticalisée » et terriblement hiérarchisée. La mobilité des cadres à l’horizontal ( ie : d’un groupe vers un autre) était plutôt rare, et quand elle avait lieu c’est que quelqu’un était tombé en disgrâce dans son groupe.

Quelques exemples réels qui résultaient de cet esprit de hiérarchie:

a)  La secrétaire du Dir. Publicité ne déjeunait qu’avec la secrétaire du Dir Marketing ou avec celle du Directeur de l’Administration.

LOgo-BHV-1988

Le Logo en 1988, le chapeau devient rouge (Y100%,M100%) et le vert de la base plus « italien » .

b) Au restaurant d’entreprise, Directeurs et cadres supérieurs jouissaient du privilège de déjeuner gratuitement dans un endroit à part et dans un système de restauration traditionnel (j’ai eu ce privilège aussi, çà s’appelait la « Pension »: 2 serveuses aux petits soins, service à la place, verres à pied,  assiettes en porcelaine, vin à volonté etc…. ).                                                                              Les Acheteurs, eux,  s’étaient accaparés une salle dans le restaurant général, lieu où ils déjeunaient entre eux dans une sorte de Pension bis…….sans se mélanger avec les vendeurs et  autres  cadres intermédiaires.

Vassalité2c) Quant j’ai intégré la Pub du BHV  en 1978, j’appelais tout le monde par son nom de famille : « Monsieur B. »,  « Madame L…… ». et puis je me suis rendu compte qu’au sein du service l’usage était d’utiliser le prénom.  Quelques 6 mois plus tard, ayant dépassé la période d’essai et affublé d’un petit grade de cadre sans pouvoirs, je m’aventurais à appeler le patron par son prénom ‘Michel’. Un quart d’heure plus tard,  « l’âme damnée » du boss venait me servir un ‘Mooooooooooooosssieur  » long comme mon bras, me faisant comprendre que ma position hiérarchique ne m’autorisait qu’à lui donner du ‘Chef » ou ‘Monsieur ‘ alors que lui pouvait m’appeler par mon prénom !.

Quelques années plus tard, j’ai fait un grand bon dans la hiérarchie. Par un  jour froid et sombre de janvier, mon patron (le fameux Michel B.) me remit mon contrat annuel avec mes nouveaux galons. Solennellement, il m’annonça : » Félicitations, et à partir d’aujourd’hui appelez moi Michel ! « .

Me remémorer cet instant me fait sourire, car devant l’absurdité de la situation…. je n’ai pu m’empêcher de lui répondre avec un sourire ironique ‘Merci Monsieur, bien Chef ! ‘

 

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